La Forteresse

« Dans son documentaire La Forteresse, Fernand Melgar explore la réalité complexe d’un centre de requérants d’asile. Le film, primé à Locarno, a rencontré un grand succès auprès des critiques et du public. Il sort ces jours dans les salles suisses » – Swissinfo

On aurait pu s’attendre à un film culpabilisateur, car ce qui a poussé le réalisateur Fernand Melgar à réaliser ce documentaire n’est rien d’autre que le référendum (accepté) sur le durcissement des conditions d’asile en Suisse, mais ce n’est pas tout à fait le cas.

Lui-même, d’ailleurs, ne s’exprime pas selon les termes usuellement utilisés par les milieux de gauche: il ne joue pas vraiment avec l’émotion (en parlant de la pauvreté, de leur situation dans leur pays) mais parle plus de ce qu’il a constaté.

« Il existe une réalité peu connue, qu’on pourrait appeler le tourisme sanitaire. Certaines personnes viennent en Suisse pour soigner des addictions ou des maladies graves. Dès qu’ils sont dans le système de demande d’asile, ils reçoivent un traitement médical et c’est la raison de nombreuses demandes d’asile. »

Il note aussi les failles du système, notamment sa lenteur, qui profite à ces personnes pour se faire des liens avec différents milieux et passer, ensuite, dans la clandestinité:

Mais pendant deux mois, ces personnes sont logés et nourris – ce qui leur donne le temps d’entrer en contact avec des réseaux de travail au noir et ils ont déjà un pied en Suisse »

On est, à mon avis, bien loin d’un navet bien-pensant sur le sujet. Chose étonnante, il se montre très favorable à l’ancien système du permis A (qui permettait à un travailleur de venir en Suisse pendant 9 mois, sans possibilité de regroupement familiale, puis de rentrer au pays). Il estime que la suppression de ce permis (une des conditions pour que Bruxelles acceptes un accord avec la Suisse) a engendré un nombre important de clandestin et de travail au noir. Il n’a pas forcément tord sur ce point: l’avantage d’un permis A était un contrôle stricte du marché du travail. L’entrepreneur qui avait un besoin de main d’oeuvre pour moins d’une année devait s’adresser aux autorités, justifié sa demande (c’est a dire qu’il n’y avait pas, en Suisse, de gens en quantité suffisante pour d’exécuter la tâche) et, dans la positive, le permis était délivré. Cette pratique a permis d’éviter de jeter des gens (majoritairement non-qualifiés) à l’assurance chômage une fois leur travail terminer. Ces derniers rentraient chez eux avec un revenu très conséquent, surtout par rapport au salaire du pays d’origine.

Cette politique était essentiellement employé avec l’Italie, l’Espagne mais aussi… la Yougoslavie. En effet, Tito, ne pouvant résoudre la situation de non-emploie de certaines régions du pays, avait conclu avec la Suisse (alors en pleine croissance) un accord sur l’envoie de travailleur.

Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. Les entreprises suisses à l’instar des entreprises européennes cherchent à faire pression sur les salaires. Leur seule solution est de faire augmenter l’offre (c’est à dire de faire augmenter le nombre de travailleur offrant leur service). Si l’offre augmente, les salaires diminues. La demande (des employeurs) n’était pas si fluctante que ça. La libre circulation de travailleurs dans l’UE a été une formidable réponse pour les patrons, elle a entrainé la fin du protectionnisme suisse sur le marché du travail.

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