Archive for the ‘Politique’ category

Asile et cocaïne

6 novembre 2008

La police vaudoise a effectué mercredi une descente dans le centre pour requérants d’asile de Bex (VD). Huit personnes ont été interpellées. Une somme de 15’000 francs, 25 boulettes de cocaïne et de la marijuana ont été saisies.

Ces arrestations font suite à une opération qui s’est déroulée la semaine dernière, a indiqué jeudi la police cantonale. Dix-sept personnes logeant dans trois appartementd de Bex avaient été arrêtées à ce moment-là, 55 000 francs et 400 grammes de cocaïne avaient été confisqués.

es 25 personnes interpellées lors de ces deux opérations sont principalement des requérants d’asile frappés d’une non-entrée en matière (NEM) originaires de l’Afrique de l’Ouest. Ils sont âgés entre 20 et 40 ans, certains n’ont pas de domicile fixe. Deux de ces trafiquants avaient déjà été pincés lors d’une précédente intervention à Bex en novembre 2006. Au total, douze personnes ont été placées en détention préventive.

Dépêche

Il ne faut surtout pas oublier que ces gens ressoivent une aide d’urgence pour leur situation. Des milliers de francs par presonne dont l’expulsion est impossible à entreprendre. Mais bon, certaine réclame d’avantage d’aide pour ces gens… on voit clairement leur priorité.

La question de l’identité

2 novembre 2008

« Le passeport est la partie la plus noble de l’homme. D’ailleurs, un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu’un homme. On peut faire un homme n’importe où, le plus étourdiment du monde et sans motif valable; un passeport, jamais. Aussi reconnaît-on la valeur d’un bon passeport, tandis que la valeur d’un homme, si grande qu’elle soit, n’est pas forcément reconnue » – Dialogues d’exilés, Bertolt Brecht.

A l’heure où les naturalisations atteignent un niveau jamais égalé dans toute l’histoire du pays, cette citation parait bien lointaine.

Ce qui est étrange pourtant, c’est qu’en écoutant certaine mouvance politique, on croirait que l’acquisition de la nationalité suisse reste quelque chose de très difficile. Quand est-il chez nos voisins ? D’après les statistiques françaises les plus récentes, il y a eu environs 133’000 naturalisation en 2004. En Suisse, pour l’année 2007, il y a eu 43’900. Toute proportion égale, si l’on tien compte de la population globale (soit 60 millions d’un coté, 7 millions de l’autre), il y a nettement plus de naturalisation en Suisse que en France.

Pourtant, notre systèmes de naturalisation, qui ne se veut pas être une simple procédure administrative (en tout cas jusqu’à aujourd’hui), subit constamment des critiques. Discrimination, système inégalitaire, difficulté excessive… les qualificatifs ne manquent pas sur le sujet.

Pourtant, comme l’avait dit Bertolt Brecht en son temps, un passeport n’est pas qu’un vulgaire papier, il est bien plus que cela. Le définir serait chose compliqué, puisque cela nous renvoie à une question polémique dans notre continent, celle de l’identité… Au fond, sait-on vraiment ce que veut dire être suisse ? être français ? être européen ? Si vous posez la question à vos amis, vous êtres sûr de recevoir une nouvelle réponse à chaque fois. Pourtant, on ne peut pas conclure que l’identité n’est qu’une conception purement abstraite, c’est réponse n’est pas convaincante.

Lors d’un débat à la radio à propos des naturalisations justement, un intervenant, porte-parole d’une association alémanique regroupant des musulmans, avait une conception qui m’a beaucoup interloqué: il ne cherchait pas l’assimilation, ni à comprendre ou apprendre des aspects de la culture suisse. Ce n’était pas nécessaire selon lui. De son point de vu, l’intégration suffisait amplement: c’est à dire tout simplement parler la langue, travailler et respecter les lois, rien de plus ; et que, dans un soucis d’égalité, toutes personnes satisfaisant ces critères pouvaient et devaient obtenir un passeport suisse.

Est-ce donc cela un passeport suisse ? Une sorte de permis de travaille permanent dont l’obtention ne serait, au fond, qu’une formalité bureaucratique ? La principale erreur à mon avis, c’est le reniement de cet aspect culturel dans l’idée de la nationalité. Dans un document trouvé un peu par hasard, émanant de la Commission fédérale des étrangers, on apprend qu’il y a effectivement un problème à ce niveau:

« Si la neutralité, l’exercice des droits populaires et le fédéralisme demeurent des institutions intouchables, il apparaît que ces règles institutionnelles ne suffisent plus ou pas suffisamment à rassurer les Suisses face à l’affirmation des minorités culturelles présentes sur leur territoire. L’articulation d’autres valeurs cimentant leur désir de vivre ensemble faisant défaut, les Suisses ont maintenant l’impression diffuse d’une dilution culturelle » – Commission fédérales des étrangers, p. 2.

Dilution culturelle, ce terme ne pouvait pas être mieux choisi. Face à un communautarisme de plus en plus présent depuis l’an 2000 (année de l’apocalypse ?), une démographie en chute et une immigration clandestine très présente (Europol estime à 400’000 le nombre nombre d’illégaux arrivant en Europe chaque année), cette impression de dilution me parait être la triste réalisté. Surtout quand nos politiciens, sûrement pour des raisons électorales, cèdent souvent aux revendications des minorités (grandissante).

Libéralisation de la drogue

29 octobre 2008

Scène au centre même de la ville de Zurich, dans le parc de Platzpitz.

Scène au centre même de la ville de Zurich, dans le parc de Platzpitz, renommé par les médias américains le "Needle parc" ("le parc de seringue")

A la fin des années 80, l’héroïne règne en maître dans la plupart des villes suisses. Pour contrer la suprématie des dealers et la propagation exponentielle du SIDA liée à l’usage de la drogue, les autorités de Zurich et d’autres villes acceptent les «scènes ouvertes» où les toxicomanes peuvent s’injecter de la marchandise «sûre» dans des conditions hygiéniques acceptables et sous surveillance sanitaire. Au bord de la Limmat, le Platzspitz (1989-1991) puis la gare désaffectée de Letten (1991-1992), en plein centre de Zurich (district 5) deviennent des marchés ouverts de la drogue dans lesquels il est courant d’assister à des rixes ou voir des jeunes mourir, l’aiguille encore plantée dans le bras. Ce n’est pas moins de 15’000 seringues qui vont être distribuée chaques jours, rien qu’à Zurich

Ces scènes en publique de prise de drogue, dans les parcs publics, dans la rue et même devant le Parlement suisse, en plein jour et presque sans aucune gène ont fait le tour de la planète. J’ai trouvé un article (d’époque) de l’Humanité. C’est assez rigolo car les communistes en Suisse sont, de nos jours, pour la dépénalisation de toutes les drogues:

« Une gare désaffectée, un pont, voici le Letten. Hommes et femmes aux visages sans âge s’y entassent et se piquent à l’héroïne dans des conditions atroces. Sous la surveillance de centaines de dealers qui font la loi. Devant l’indifférence des passants. Voyage au bout d’un enfer parfaitement organisé […] La Platzpitz, seul endroit au monde où les toxicomanes pouvaient se « fixer » sous le regard compatissant d’infirmières, de médecins et de travailleurs sociaux, qui se relayaient, nuit et jour, pour leur distribuer du coton imbibé d’alcool et des seringues propres. L’objectif était de limiter les risques de propagation du SIDA. Platzpitz était devenu le paradis de la drogue. L’enfer des drogués. On s’y shootait et s’y re-shootait à plusieurs. On y venait en famille. C’est ce que la presse internationale écrivait. »

Suite de l’article

La Forteresse

29 octobre 2008

« Dans son documentaire La Forteresse, Fernand Melgar explore la réalité complexe d’un centre de requérants d’asile. Le film, primé à Locarno, a rencontré un grand succès auprès des critiques et du public. Il sort ces jours dans les salles suisses » – Swissinfo

On aurait pu s’attendre à un film culpabilisateur, car ce qui a poussé le réalisateur Fernand Melgar à réaliser ce documentaire n’est rien d’autre que le référendum (accepté) sur le durcissement des conditions d’asile en Suisse, mais ce n’est pas tout à fait le cas.

Lui-même, d’ailleurs, ne s’exprime pas selon les termes usuellement utilisés par les milieux de gauche: il ne joue pas vraiment avec l’émotion (en parlant de la pauvreté, de leur situation dans leur pays) mais parle plus de ce qu’il a constaté.

« Il existe une réalité peu connue, qu’on pourrait appeler le tourisme sanitaire. Certaines personnes viennent en Suisse pour soigner des addictions ou des maladies graves. Dès qu’ils sont dans le système de demande d’asile, ils reçoivent un traitement médical et c’est la raison de nombreuses demandes d’asile. »

Il note aussi les failles du système, notamment sa lenteur, qui profite à ces personnes pour se faire des liens avec différents milieux et passer, ensuite, dans la clandestinité:

Mais pendant deux mois, ces personnes sont logés et nourris – ce qui leur donne le temps d’entrer en contact avec des réseaux de travail au noir et ils ont déjà un pied en Suisse »

On est, à mon avis, bien loin d’un navet bien-pensant sur le sujet. Chose étonnante, il se montre très favorable à l’ancien système du permis A (qui permettait à un travailleur de venir en Suisse pendant 9 mois, sans possibilité de regroupement familiale, puis de rentrer au pays). Il estime que la suppression de ce permis (une des conditions pour que Bruxelles acceptes un accord avec la Suisse) a engendré un nombre important de clandestin et de travail au noir. Il n’a pas forcément tord sur ce point: l’avantage d’un permis A était un contrôle stricte du marché du travail. L’entrepreneur qui avait un besoin de main d’oeuvre pour moins d’une année devait s’adresser aux autorités, justifié sa demande (c’est a dire qu’il n’y avait pas, en Suisse, de gens en quantité suffisante pour d’exécuter la tâche) et, dans la positive, le permis était délivré. Cette pratique a permis d’éviter de jeter des gens (majoritairement non-qualifiés) à l’assurance chômage une fois leur travail terminer. Ces derniers rentraient chez eux avec un revenu très conséquent, surtout par rapport au salaire du pays d’origine.

Cette politique était essentiellement employé avec l’Italie, l’Espagne mais aussi… la Yougoslavie. En effet, Tito, ne pouvant résoudre la situation de non-emploie de certaines régions du pays, avait conclu avec la Suisse (alors en pleine croissance) un accord sur l’envoie de travailleur.

Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. Les entreprises suisses à l’instar des entreprises européennes cherchent à faire pression sur les salaires. Leur seule solution est de faire augmenter l’offre (c’est à dire de faire augmenter le nombre de travailleur offrant leur service). Si l’offre augmente, les salaires diminues. La demande (des employeurs) n’était pas si fluctante que ça. La libre circulation de travailleurs dans l’UE a été une formidable réponse pour les patrons, elle a entrainé la fin du protectionnisme suisse sur le marché du travail.

L’aide sociale

29 octobre 2008

Aujourd’hui a été publié un rapport sur la sécurité sociale. Si l’on sait depuis un article du Matin que le nombre d’étranger dans l’aide sociale avoisine les 40-60%, ce rapport ne vient que confirmer les faits:

Que voit-on ? Que le nombre de nouveau cas de rente AI (assurance invalidité) concerne en premier lieu les ressortissants Turcs et de l’ex-Yougoslavie. Le motif de ces rentes est, dans la majorité des cas, les « troubles psychiques ». Ce n’est guère surprenant, il est bien plus facile de se faire déclarer fou par le psychiatre du coin que de simuler une fracture ou une infirmité.

Quand on sait que les premières communautés étrangères en Suisse sont, dans l’ordre, les Italiens suivit par les gens d’ex-Yougoslavie et les Allemands, il n’est pas nécessaire d’avoir fait un diplôme en statistique pour comprendre qu’il y a quelque chose qui cloche. Le rapport, bien qu’identifiant le phénomène, ne tente même pas de l’expliquer :

La distribution des nouveaux allocataires par nationalité et par cause d’invalidité montre que les chiffres très élevés des migrants venant de Turquie ou de l’ex-Yougoslavie reposent souvent sur une très forte incidence des troubles psychiques. La probabilité pour qu’une personne venant de ces pays obtienne une rente pour raisons psychiques est égale – voire supérieure – au taux de nouvelles rentes pour l’ensemble de la population. – p. 282

Un autre phénomène que je trouve choquant, c’est de recevoir une rente alors que l’on vit à l’étranger. Cela constitue 1/3 des cas :

L’augmentation n’est pas en reste:

Plus de la moitié de l’augmentation du nombre de rentes AVS (34 200) concerne des bénéficiaires résidant à l’étranger – p. 301

Je suis étonné que le sujet n’irrite pas plus nos politiciens. L’UDC a proposé divers initiatives (référendum) sur le sujet de « L’abus de l’aide sociale » qui ont été toutes acceptées par le peuple. La gauche s’opposait systématiquement à ces projets et un certain député socialiste dont j’ai oublié le nom avait même dit, à l’époque, qui si les gens abuse de l’aide sociale, c’est que la rente proposée n’était pas assez élevé. Un argument qui ne mérite aucun commentaire.

La sécurité sociale nous prend une grande partie de nos impôts, elle est même une source de déficit dans certain de nos pays voisins (même en Suisse mais partiellement). Vu la disproportion manifeste de certaine catégorie de personne dans les chiffres, de cas de troubles psychiques nouveau, je me demande s’il ne serait pas nécessaire de revoir complétement le système. Non seulement il faudrait plusieurs avis de spécialiste dans le domaine des troubles psychiques (le problème se pose moins pour les infirmités) mais aussi tout un système de surveillance dans ce domaine. L’idée n’est pas de faire surveiller 24h/24 les rentier mais de vérifier, ponctuellement et par surprise, que la prestation est bien justifiée. La gauche, bien entendu, dénonce une criminalisation et une suspision malsaine des rentier… mais l’idée de ne rien faire, pour le plus grand bonheur des profiteurs, ne peut plus perdurer.

Les Tsiganes

28 octobre 2008

Depuis le relâchement au niveau des frontières (surtout après la chute du rideau de fer) qui résulte essentiellement de cette volonté, immuable, de ne former qu’un au sein d’une nouvelle Europe, il existe un phénomène qui m’agace au plus haut point, c’est les Roms, les tsiganes ou, en terme plus poétique, les gens du voyage.

Depuis que la Roumanie a adhéré à l’Union Européenne, la Suisse a été contraint de supprimer l’obligation de visa pour ce pays par un soucis d’égalité de traitement. Le bouche à oreille faisant son chemin dans ces communautés, ils arrivèrent massivement à Genève si bien qu’il y en avait partout. Grande polémique, surtout que le parlement avait eu la bonne idée de supprimer la mendicité de la liste des délits du cantons une année auparavant.

Pourtant ce n’était pas leur première tentative en Suisse:

« Office fédéral des migrations (ODM) a décidé de supprimer les 700 fr. d’aide au retour pour les requérants d’asile déboutés provenant de l’UE. Motif: les abus commis par des tsiganes roumains. L’ODM entend donner un signal clair qu’il ne s’agit pas de venir en Suisse pour toucher 700 fr. » – Dépêche de 2007

Évidemment, les partis de gauches ont commencé à mettre en avant la pauvreté, la précarité de ces gens, les discriminations qu’ils subissent en Roumanie… Sortez vos mouchoirs. Pourtant, dans le fait cité précédement, il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir une réelle volonté de profiter du système. Ce qui a mis la puce à l’oreille de l’ODM, c’est l’augmentation massive du nombre de demande en provenance de Roumanie: on est en effet passé de 10 demandes en 2006 à 205 demandes rien que pour la moitié de l’année 2007. Ce qui constitue une augmentation de +1’000%. On se demande ce qui aveugle à ce point certaine politicien.

Lors du débat parlementaire intervenu fin 2007 sur cette question, le Parti socialiste genevois (bien plus à gauche que dans les autres cantons) nous a gratifié de quelque raisonnement qui, pour ma part, me laisse sans voix (à défaut de me causer une crise cardiaque). On se croirait presque au milieu d’une caricature:

Point Godwin :

« Vous [nda: les partis de droite] avez fait durant l’été et ces derniers mois de l’incitation au racisme et à la haine. Vous avez stigmatisé des populations, particulièrement celle qu’on appelle «les Roms», alors que l’on sait que, parmi les mendiants à Genève, il y a certes des Roms, mais il se trouve également des personnes d’autres pays de l’Est.  […]
Vous avez donc stigmatisé ces populations, comme le font aujourd’hui et n’ont jamais cessé de le faire différents groupes d’extrême-droite en Europe et en Suisse, qui reprennent du poil de la bête ces dernières années. Vous avez certainement vu cette émission sur Arte qui parlait des recrudescences en Belgique, en Allemagne et en Autriche des groupes d’extrême-droite et de nazis qui recommencent à sévir, même s’ils n’ont jamais cessé, et deviennent de plus en plus nombreux à s’attaquer aux juifs » – Mme Virginie Keller Lopez (Socialiste)

Culpabilisation primaire:

« Au terme de ce débat, j’aimerais quand même souligner que l’acceptation de ce projet de loi est totalement choquante et que, personnellement, elle me fait honte.
Je trouve qu’on stigmatise des gens dont le seul tort est d’être pauvres, et aujourd’hui j’ai honte, honte de ce parlement. » – Mme Esther Alder (Vert)

Démagogie:

« Pourquoi ne pourrait-on pas accueillir vingt Roms ou vingt familles de Roms ? Même cinquante ou cent familles ? Il y a les moyens de les accueillir ! Et je trouve cette loi insupportable, pour ne pas dire inique ! » – Alberto Velasco (socialiste)

Je ne peux que lui conseiller de mettre son appartement à disposition. Vu la crise du logement à Genève, il ne pourra que regretter son geste.

Bref, tout ce débat et ce blabla pour, au fond, quelque chose de si claire qu’il ne mérite même pas de s’y attarder. J’aurais pu continer mon billet avec l’augmentation des cambriolage (tiens, ils viennent de Roumanie comme par hasard, certainement encore un vieux stéréytype de voleur de poule) et toute la technique de racollage (faux handicapé, harcellement, bébé) mais je pense que si vous voyagez un peu dans le sud de l’Europe, vous avez certainement été, un jour ou l’autre, confronté à de tel cas.

Justice ?

28 octobre 2008

Aujourd’hui est jugé, par la justice suisse, le fait divers tragique survenu lors de la Street Parade 2007 à Zürich. Rappelez-vous, un jeune thaïlandais de 16 ans à l’époque avait poignardé un jeune de 18 ans venu défendre sa copine qui avait été importuné par cette personne. Il reçut un coup de couteau en plein coeur et est mort sur le coup.

« Au moment des faits, le Thaïlandais avait 16 ans. Il doit répondre entre autres de meurtre et de tentative de meurtre. Le jeune homme avait importuné une adolescente le 11 août 2006 durant la Street Parade. Son amoureux, un apprenti de 18 ans habitant Baden (AG), l´avait défendue. C´est pourquoi l´accusé a agressé ce dernier au couteau, le tuant sur le coup. » – Tribune de Genève

Ce qui surprend, c’est la peine maximal possible dans ce genre de cas. S’agissant d’un mineur au moment des faits, il ne peut être condamné que pour 4 ans au maximum. On se demande pourquoi il a fallut attendre 2 ans pour que le procès commence réellement : quel est l’intérêt d’appliquer une peine, prévu pour les mineurs, à une personne aujourd’hui adulte ?

La question de la criminalité pose toute sorte de problématique. L’une d’entre elle, peut être la plus virulente, concerne le traitement des mineurs délinquants. Si je peux concevoir qu’un enfant de 10 ans n’a rien à faire en prison en compagnie d’adulte, je ne peux, en revanche, en voir la raison pour un adolescent de 16 ans. Il me semble paradoxale qu’à cette age nous jouissons d’une majorité sexuelle pleine et entière (l’âge est d’ailleurs inférieur dans de nombreux autres Etats européens) mais que, a contrario, l’idée d’être infermé avec des adultes n’est pas tolérable. Pourtant il ne fait aucun doute qu’un jeune de 16 ans est pleinement capable de comprendre les actes qu’il fait et, dès lors, d’en assumer la pleine responsabilité. Sinon cela reviendrait à dire qu’il est capable d’avoir des relations sexuelles avec un adulte, en tout connaissance de cause, mais incapable d’assumer ses propres actes lorsqu’elle relève du domaine pénal.

On pourrait me reprocher de ne pas tenir compte de la politique de la justice des mineurs: celle-ci vise en effet, et à raison, à un réintégration des éléments perturbateurs dans la société. Néanmoins un tel principe ne peut pas se construire sur l’impunité ou l’absence de responsabilité. Il faut faire comprendre, c’est un minimum, que dans notre société, fortement individualiste, chacun est responsable de soit-même. On ne peut pas excuser le vol, le meurte ou tout acte répréhensible du simple fait de la situation sociale, de l’âge ou de la nationalité de l’individue. D’ailleurs, assumer ses actes ne peut qu’amener un jeune vers plus de maturité.